mercredi 16 avril 2008

Episode 3

Quoi lui répondre ? En toute honnêteté je me doutais bien qu’il serait agréable de discuter avec des gens passionnés par la même chose que moi, par contre rater l’occasion d’être à l’heure à la faculté me semblait inacceptable. Je lui souri, lui expliqua qu’il m’était délicat de ne pas être dans les temps pour l’inscription et que de toute façon j’avais besoin du recteur pour m’orienter et me trouver un logement. Je le vis alors changer de couleur, comme s’il avait été frappé d’une gigantesque colère. Il me fit comprendre qu’il lui était intolérable de supporter un vaporiste prêt à se vendre pour entrer à la STEAM et qu’au surplus j’ignorais même les conséquences d’un tel engagement. Sa fille se présenta alors tandis que son père reprit ses fouilles dans le tas de ferrailles et me prit à part pour m’expliquer un peu le problème.

- La STEAM est la meilleure des facultés, mais c’est aussi un engagement difficile à prendre.
- Pourquoi donc ? répondis-je surpris. C’est bien une école et rien de plus non ?
- C’est aussi s’engager à travailler à des projets planifiés par l’état pendant les cinq ans, en sachant que ce n’est pas des machines agricoles qui sont conçues là-bas. Tu prends le risque d’être le créateur d’une arme qui sera utilisée sur le champ de bataille. Au fait comment tu t’appelles ? Moi c’est Wicca.
- Barto. Enchanté. Donc tu dis que je serais alors un militaire ?
- Pas tout à fait, tu seras un élève vaporiste travaillant pour l’armée. Tu ne seras normalement pas envoyé sur le terrain, mais tu pourras être mobilisé en priorité si le besoin s’en fait sentir.
- Je ne savais pas tout ça ! me récriais-je. Et c’est impossible d’éviter cet engagement ?
- Pas plus qu’il est possible de couper au service militaire dans cette région. Mais toi tu viens de l’est je crois.
- Comment tu sais ça ?
- A ton accent et aux mots que tu utilises. Tu n’es pas d’ici et ça se voit ! Regarde donc ta dégaine !
Il est vrai que j’étais habillé de manière très « folklorique » pour les citadins : galurin large sur la tête, veste marron en laine, pantalon noir avec les chaussettes blanches par-dessus… Rien qui soit habituel dans les rues et avenues de la capitale. Qui plus est je devais avoir l’air d’être complètement perdu au milieu de ces quartiers gigantesques.
- Alors tu fais quoi ? Tu viens boire et manger un morceau à la maison ?
- Et l’inscription ?
- Si tu as ton dossier tu as normalement tout le mois pour te présenter. Une fois inscrit tu y es noté jusqu’au dernier jour. Ensuite, ils reprennent les dossiers en attente et complètent la liste avec les meilleurs dans l’ordre.
- Comment sais-tu tout ça ?
- Tout le monde sait ça ici… et puis je me suis inscrite il y a deux ans et j’ai été acceptée. Papa lui a tout fait pour que je n’entre pas.
- Pourquoi ?
- J’en ai pas la moindre idée mais rien qu’en parler le met dans un tel état que je ne veux même plus aborder la question. Allez viens, il y a de la soupe. C’est chiche mais bon, c’est moi qui cuisine.
- Tant que tu ne cuisines pas comme tu conduis tes … engins.
- C’est quoi cette insinuation ?
- Rien rien ! Promis ! D’accord j’accepte !

Aussitôt dit, aussitôt fait, me voilà bras dessus, bras dessous avec cette inconnue à remonter la ruelle en souriant aux passants. Derrière nous son père hurla tant qu’il put à sa fille de revenir ramasser « son merdier », chose à laquelle elle répondit sans se retourner d’un signe de main aussi désinvolte que peu respectueux.

Je n’avais pas remarqué les grandes portes cochères qui fermaient les entrés des bâtiments. La plupart portaient le symbole de la vapeur, cet écusson en forme d’écrou surmonté d’un petit nuage. Il y avait donc toute un commerce de l’entretien et de la réparation des machines, et bon nombre d’entres eux étaient ouverts à toute heure du jour et de la nuit. Dans l’entrebâillement de certaines je pus voir les entrelacs de durits, de câbles et de rouages qui semblaient défier la compréhension. Certains rivetaient à la lueur du brasero, d’autres soudaient avec des torches fonctionnant au gaz. J’étais comme absorbé par toute cette agitation, cette ferveur mécanique qui me semblait tenir du rêve. Wicca me tira le bras et me tira de mes songes éveillés. Elle se mit à m’expliquer que le métier était riche en opportunités mais que peu gagnaient de quoi vivre décemment. En effet, la concurrence des grands ateliers ainsi que la modernisation constante des systèmes à vapeur tuaient peu à peu les petits constructeurs. Bon nombre d’entres eux fermaient boutique sous le poids conjugué du manque de clientèle et du prix des pièces devenus exorbitant avec la demande sans cesse croissante.
Nous tournâmes sur la gauche et entrèrent par les restes de la porte qu’ils avaient sûrement défoncés avec leur « véhicule ». Ici, tout n’était que désordre : ici des soupapes démesurées, là un tas d’engrenages et de roulements usés, sur l’établi des clés couvertes de graisse, et dans la pénombre au fond une lampe à gaz brûlant timidement contre le mur nu en briques. L’endroit était fait d’une sorte de pièce unique découpée dans l’espace par des établis et postes de travail avec pour éclairage principal les fenêtres intégrées à la toiture. La charpente métallique n’était même pas dissimulée, et à celle-ci pendaient palans et cordes en pagaille. La droite de l’atelier était surélevée avec une cloison vitrée pour séparer l’espace à vivre du reste des lieux. Il était évidemment plus pratique de dormir sur place que d’aller dormir ailleurs, surtout vu le prix d’un loyer.
Wicca m’invita à passer dans la pièce logement. Meublée de trois lits de camp, d’un grand placard, d’une table et quatre chaises, ainsi que d’une cuisinière poêle au bois, les murs blancs donnaient une impression de caserne et non d’endroit agréable pour le repos. Elle s’assit sur un des lits, m’invita à en faire de même en vis-à-vis puis me dévisagea. Intimidé je mis un peu de temps avant de tenter la reprise de la conversation.

- Donc…. Tu travailles avec ton père.
- Depuis toujours. C’est passionnant, mais difficile d’en vivre. Et puis je voudrais voyager et pas bricoler des machines infernales.
- C’était quoi le « truc » que vous avez écrasé ?
- Un prototype de voiture qui permettrait d’augmenter la puissance tout en réduisant la consommation d’eau.
- C’est impossible.
- Rien n’est impossible ! Mais il faut réussir à tout régler : la vitesse, le poids, l’énergie perdue…
Et là elle partit dans une explication que même moi, fanatique de la chose, ne pus suivre. Elle me dévisagea à nouveau et me lança une ces phrases assassines qui savent vous mettre plus bas que terre sans le vouloir.
- Tu ne connais même pas les bases?

Episode 2

Je n'avais pas remarqué le changement dans les rues. L'arrêt fut marqué juste à côté d'une épicerie aux stores vert clair. Je me tins devant la vitrine, admirant les fruits et les légumes dont la plupart étaient introuvables chez moi. Je me souvenais de l'odeur de certains de ces fruits en confiture, mais jamais je ne les avais vus autrement qu'en purée sucrée. Le commerçant me remarqua et s'approcha en me dévisageant. Il était plutôt fort, dégarni, et vêtu d'un pantalon grossier en lin et d'un tablier de boucher taché. Il m'indiqua poliment le chemin vers un autre arrêt puis je me mis à déambuler dans le quartier. Contrairement au quartier de la gare il me sembla que le coin était plus populaire et bigarré. Les rues étaient pavées, les lampadaires au gaz moins acrobatiques et les fenêtres garnies de linge à sécher. Côte à côte se trouvaient aussi bien un bar aux vitres crasseuses qu'un barbier à la devanture immaculée, et sur le trottoir une ribambelle de roulottes. Tissus, vêtements, parfums, tout était là sous mes yeux ébahis. Ces poissons, d'où pouvaient-ils venir? Moi qui n’avais goûté que ceux en provenance du ruisseau, voilà de quoi me changer de simples fritures! Il me fallait pourtant me dépêcher de sorte à arriver à la faculté et me faire conseiller. En dehors du nom du recteur et d'un sac à dos, je n'avais guère les moyens de traîner par ici. Au loin les nuages étaient constamment noir, mais noir suie et pas gris noir orage. Probablement que les cheminées des usines et ateliers crachaient la puissance de leurs chaudières poussées au rouge.

J'écoutais tranquillement les éclats de voix des camelots quand un cri retentit "Poussez-vous!" Brailla la voix. Les gens sautèrent de part et d'autre de la route tandis qu'un nuage de fumée blanche fonçait sur nous. Le bruit était terrible, métallique, comme un train emballé, mais dans la rue. Juste à temps j'en fis autant et me retrouva assis dans un tas de détritus, bien heureux d'avoir évité le monstre de métal. Du regard je suivis alors la course du drôle d'engin aux roues démesurées. Il me sembla voir deux personnes littéralement attachées aux commandes, s'agitant et tentant sûrement d'arrêter l'engin avant l'accident... Si seulement la rue n'était pas en té! Dans un immense fracas la chaudière se plia contre la façade de briques, fit voler des fenêtres en éclats qui retombèrent comme une neige de cristal. Les tuyaux se fendirent, s'arrachèrent et lâchèrent une quantité incroyable de vapeur. Tout le quartier se retrouva pris dans un brouillard indescriptible, tandis que la foule reprit ses affaires comme si de rien n'était. D'un pas rapide je me rendis sur place afin de voir s'il n'y avait pas de blessé.

Dès que je fus à la hauteur de la machine je pus constater le désastre: la cabine, du moins ce qui semblait l'être n'était plus qu'un amas de bois et de tôle pliée. Tandis que je regardai les débris en quête d'un survivant une main gantée sortit d'un coup à quelques centimètres de mon visage. Paniqué je fis un bond, puis me ravisa et saisis la main. De tout mon poids je fis basculer le corps qui vint à moi. C'était une personne vêtue d'une grande combinaison en coton fort qui fut un jour immaculée, renforcée de pièces de cuir aux articulations et au plastron. La tête engoncée dans un casque cabossé, le visage était recouvert d'un large chiffon gris cendre et de lunettes aux verres épais. La personne marmonna quelque chose puis se mit à jeter les bouts de son engin en vociférant quelque chose. "Pa... , humm humm... pa ..!!" De plus en plus excité, le mécanicien (ou ce que je supposais l'être) fit voler des morceaux dans ma direction, ce qui me décida à l'aider. Une plaque, puis encore une autre, des briques... quel foutoir! Et là, sous cet amoncellement, un corps. Le mécano se pencha, saisit le corps inanimé par les épaules et le secoua avec vigueur. Terrifié je lui intimai l'ordre de cesser cela sans soin, ce à quoi j'eus comme réponse une poussée du plat de la main. Le mécano jeta ses gros gants de cuir et je remarquai immédiatement que ce n'était pas des mains d'homme, mais plutôt de femme faisant de la mécanique. Les jointures sales, les ongles coupés courts, mais les doigts trop fluets... Elle ôta son casque, jeta ses lunettes et le chiffon lui protégeant le visage et hurla dans les oreilles de l'homme encore sonné "Papa! Réveille-toi!"
S'en suivit sur le champ une dispute mémorable...
- Idiote! Quelle idée de pousser la machine à ce régime?! On a failli se tuer!
- Et toi quand je t'ai dit de surveiller les soupapes ce n'était pas pour faire joli! Tu as fait sauter les sécurités!
- non c'est toi la dingue de nous deux! Mais comment diable ai je pu avoir une fille comme toi? Pourquoi tu ne t'es pas mariée?
- Pour t'aider à l'atelier!
- Ou me tuer avant l'âge!
- Dingo!
- hystérique!
- Guignol!
- Incompétent!
- Mécanicienne de seconde zone...

Je m'en fus alors sur ces mots de manière à ne pas me trouver mêlé à cette belle dispute familiale. Juste au coin il y avait le trolley dont m'avait parlé l'autre chauffeur. Décidé à ne pas rater mon entrée à la faculté, je me dirigeai vers la station quand une main se posa sur mon épaule. "Venez, vous méritez bien un verre!" C'était le père qui me souriait de son visage noirci par la fumée et le lubrifiant. Il lui manquait quelques dents, signe que ses machines avaient une certaine tendance... à se planter. De là à supposer une certaine incompétence ou pire encore un côté casse-cou il n’y avait qu’un pas…

Episode 1

Je m’en souviens encore, comme si cinquante ans de vie pouvaient être résumées à une seule et unique journée. J’arrivai de ma petite ville nichée dans les replis de la lande de l’est, et des idées préconçues plein la tête : diplôme technique en poche, mes vingt ans orgueilleux et le sourire en coin, je descendais pour la première fois à Varia, la capitale de l’état. J’avais la jeunesse enthousiaste surtout que c’était la première fois que je voyais un train en action. Ah ces machines à vapeur ! J’avais passé toute ma scolarité à étudier ces machines et ce dans l’unique but d’obtenir mon diplôme de vaporiste. Ranetta était une petite ville agréable avec son université, mais franchement, quel aurait été mon avenir si ce n’est l’entretien des machines agricoles ou au mieux celles des grandes mines de fer ? Je n’avais aucune envie d’être qu’un vulgaire agent de maintenance. Bref, je bavais littéralement sur la huit essieux qui avaient tirée notre train quand un policier vint à ma rencontre. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je n’avais encore jamais vu un agent en livrée de mon existence car tout au plus nous avions eu pour service d’ordre une petite brigade de volontaires tous atteints d’embonpoint chronique. Il se mit à m’interroger avec un accent à couper au couteau, me demandant papiers, destination et si je connaissais quelqu’un. Je répondis simplement que, étant donné mon statut de jeune diplômé j’avais eu le droit de venir tenter deux années supplémentaires à la faculté STEAM de Varia. Il sourit, me rendit mes documents et m’orienta vers un guichet. C’est alors que je remarquai la structure de la gare. Monumentale ! Faite de larges voûtes et arches en fer forgé et riveté, elle s’étendait sur des surfaces immenses ! Rien qu’en comptant depuis mon train je pus identifier vingt quais différents et tous intégralement couverts. Tout en bout se logeaient contrôleurs et commerces bigarrés, tous nichés sous les grands piliers de soutien. De là où je me trouvais je vis que toute la partie haute était vitrée avec soin, l’intégralité semblant dessiner pour les cieux le symbole de la compagnie et le drapeau de notre pays. Aussi étrange que cela puisse paraître c’est avant tout la suie qui me prit de court : la peinture vert olive semblait s’être étiolée pour laisser sortir un noir gras, une sorte de gangrène par flaques éparses jusqu’à se concentrer à la verticale des motrices. Plus loin, la lumière filtrait aisément et donnait donc un contraste bizarre entre les quais sombres et les allées illuminées.

Un sifflet me tira de mes songes, il était temps que je rejoigne les trolleys dont m’avait parlé l’agent. Je suivis alors des flèches jaunes m’indiquant un chemin particulier… et ce fut à nouveau un choc, en tout cas pour moi jeune étranger n’ayant vu que des petites maisonnées ou au plus des immeubles râblés et cossus. Ici, les rues semblaient être mes avenues, et les avenues ma ville toute entière. Varia dans son gigantisme avait étirée ses tentacules de pierre et de brique à des kilomètres à la ronde, et ce que j’en avais vu depuis les fenêtres de mon wagon n’était rien comparé à ce que je voyais là. Tous les immeubles semblaient avoir des hauteurs sans fin, chaque façade arborant un symbole familial ou des gargouilles finement taillées dans le marbre. Les fenêtres m’apparaissaient par milliers, innombrables trouées dans ces bâtiments orgueilleux. Au pied de ceux-ci se déroulait de l’asphalte, cette nouvelle matière dont on m’avait déjà vanté les mérites et qui tardait à sortir de la capitale. Des engins tractés par des chevaux croisaient la route de petites locomotives autonomes et sans rail, des voitures comme me l’a dit un passant à qui je posai quelques questions. Elles fonctionnaient à la vapeur, quelle question ! Cela sifflait, chuintait tant que faire se peut mais visiblement elles roulaient à de bonnes vitesses ! L’esplanade de la gare était si grande que des dizaines de ces engins y étaient garé et je pouvais aisément en dénombrer des centaines d’autres qui allaient et venaient. Ca et là des vendeurs à la sauvette tentaient de caser quelques cacahuètes grillées ou des journaux du jour en vantant leur marchandise en braillant.

Je m’approchai du symbole « T » du trolley et vit arriver cet engin étrange : c’était une locomotive mue par une chaudière à l’avant, le conducteur assis juste à côté, le tout tractant trois wagonnets à deux étages. L’ensemble était d’un rouge vif impossible à confondre avec quoi que ce soit d’autre. Les gens montaient, descendaient, se bousculaient et je fus pris dans le mouvement. En quelques instants je fus donc dans la masse de passagers, à attendre le premier à-coup du démarrage. Une soupape siffla, on entendit le conducteur annoncer le départ, un coup de corne pour alerter les voitures et l’engin s’élança. Il grinça, se plia un peu telle une mule sous l’effort et nous partîmes. J’avais l’air malin, à remonter ces voies en pleine ville sans savoir où aller. A force de fouiner dans le wagon je remarquai enfin le plan collé à la corniche : la gare centrale se trouvant là, je remontai probablement une de ces … dix sept lignes ?! Rapidement je vis l’ampleur du désastre. Où allais-je ? Un passager qui sortait à l’un des arrêts me dit rapidement « ligne huit » puis s’en alla avant que les portes ne se refermassent sur lui. J’étais donc entre la gare et … nulle part, cherchant à aller à la faculté STEAM… Le conducteur me sourit en remarquant mon désarroi et se mit à m’expliquer où aller, quelle correspondance, et je fus perdu en l’espace de trente secondes. Toujours aussi patient, il me nota le chemin à prendre et ce que je devais faire. Il me déposa donc à l’arrêt convenu, me salua, et reprit sa route comme si faire rouler un train en pleine ville avait quoi que ce soit de normal.

Bienvenue sur ce blog!

Bonsoir (ou bonjour) à tous!

Comme promis j'ai décidé de commencer un nouveau blog de sorte à vous fournir les épisodes de ma série littéraire nommée STEAM.

Ici, vous trouverez les mises à jour (les plus régulières possibles évidemment) de cette histoire. N'hésitez pas à laisser un commentaire de manière à préciser si le contenu vous convient, si vous pensez que la mise en page est à revoir... enfin bref toute modification vous semblant nécessaire.

Cordialement,

Frédéric / JeFaisPeurALaFoule